Race de chien : Dogue Argentin

En résumé:

Robuste (santé) 90%
Voyage 80%
Supporte la solitude 70%
Apte à la garde 90%
Entretien 80%
Education 80%
Propreté 90%

Le dogue argentin ou dogo est un molosse de type dogue appartenant au groupe des pinschers, schnauzers, molossoïdes et bouviers suisses. Courageux et équilibré, ce brave compagnon à quatre pattes se révèle être un excellent gardien, mais aussi un chien de chasse au gros gibier hors pair. Excessivement docile, dévoué et fidèle, il est particulièrement adapté à la vie de famille. Il n’est aucunement considéré comme un chien dangereux et prend un immense plaisir à revêtir le rôle de guide, aux côtés des personnes malvoyantes. Grâce à son flair exceptionnel, le dogue argentin est couramment utilisé comme pisteur par les forces de l’ordre. Cet imposant canidé au caractère doux n’a définitivement aucune difficulté à se faire apprécier par tout le monde. Ne vous fiez surtout pas à son apparence intimidante et découvrez plus en détail tout ce qu’il faut savoir au sujet de ce véritable athlète !

Les caractéristiques du Dogue Argentin

Doté d’une mâchoire puissante, de pattes robustes parfaitement d’aplomb et d’une silhouette harmonieuse, le dogue argentin arbore un look athlétique qui ne laisse pas indifférent. Ce molossoïde est prodigieusement musclé, sans être lourd. Comment ne pas remarquer les larges épaules, dont la musculature saillante ressort de façon esthétique au-dessus d’un dos bien droit et charpenté ? Le développement musculaire est tel qu’une légère inclinaison apparaît en direction de la région lombaire, elle aussi très solide. Le cou est incroyablement fort, orné de plis discrets au niveau de la gorge. Quant à la poitrine, elle est bien descendue et proportionnellement généreuse, permettant d’offrir un bel espace aux poumons. Du haut de ses 62 cm à 68 cm, le mâle pèse tout de même entre 40 kilos et 50 kilos. La femelle n’en est pas moins impressionnante, puisqu’elle mesure entre 60 cm et 65 cm au garrot pour un poids oscillant de 40 kilos à 50 kilos. Il suffit de regarder le ventre subtilement relevé par rapport au thorax, pour pouvoir affirmer que le dogo présente une allure dynamique sans pareil.

La tête bien sculptée du dogue argentin et sa robe d’un blanc immaculé lui donnent une grande noblesse. D’ailleurs, son poil uniformément court est bien lisse et incroyablement doux au toucher. Seules de discrètes tâches noires autour des yeux peuvent être admises, à condition de ne dépasser en aucun cas dix pour cent de la superficie de la tête. Sous un climat tropical, le pelage est peu dense, pouvant dévoiler des zones pigmentées sans pour autant que cela puisse être considéré comme un défaut pénalisable. A l’inverse dans les zones tempérées le dogue argentin a tendance à se couvrir d’un poil plus épais et même d’un sous-poil.

Son crâne est typiquement celui d’un chien de prise, alors que son large museau pourvu d’une truffe noire aux narines bien ouvertes lui permet de remplir avec succès ses fonctions de chasseur. Les muscles masticateurs sont extrêmement développés, ce qui donne à la tête un profil convexe. Le chanfrein est légèrement concave et le stop bien défini par la proéminence des arcades sourcilières. En forme d’amande, les yeux arborent une couleur noire intense ou noisette et sont très écartés, ce qui donne au dogue argentin une expression vive mais aussi faussement féroce. Attachées haut et de longueur moyenne, les épaisses oreilles arrondies à la pointe sont bien éloignées l’une de l’autre, du fait de la largeur du crâne. Autrefois, il était habituel de les couper dans le but de les redresser et de leur donner une forme triangulaire. Aujourd’hui, cette pratique est interdite. Les oreilles retombent alors naturellement sur les côtés et sont bien collées contre les joues, ce qui lui confère un style bien plus sympathique. Le corps tout en muscles de ce molosse massif est joliment souligné par une longue queue épaisse, qui atteint le jarret. En forme de sabre, celle-ci est plus forte à la base, pour s’affiner progressivement jusqu’à son extrémité. Lorsque le chien est en action, la queue est portée haut, pour redevenir gracieusement tombante au repos.

Les origines

Traditionnellement utilisé pour chasser le sanglier et le puma qui infestent les vastes régions accidentées des terres d’Argentine, le dogue argentin a vu le jour en 1920 grâce à Antonio Nores Martinez. Epaulé par son frère Augustin Nores Martinez, le cynologue qui appartenait à une famille de notables de la province de Córdoba souhaitait créer un chien performant pour la chasse au gros gibier. Il recherchait donc un animal peu aboyeur afin de ne pas effrayer les proies, rapide et tenace, doté d’un flair extrêmement développé et tout terrain. Il décida alors de croiser méthodiquement le perro de pelea cordobès, un chien de lutte local connu pour sa bravoure indomptable et son mental à toute épreuve, avec :

Le bull terrier, afin de renforcer la mâchoire du dogue argentin et lui offrir une prise encore plus forte, mais aussi et surtout pour lui apporter sa robe blanche ;

Le mâtin des Pyrénées, qui permit de conserver une grande taille et un gabarit colossal ;

Le dogue allemand, pour obtenir des spécimens hauts sur pattes et sublimer l’aspect de la tête ;

Le dogue de Bordeaux, pour déployer la mandibule et rendre la tête encore plus imposante ;

Le mastiff, qui garantit une incroyable robustesse tout en conférant calme et malléabilité ;

Le lévrier irlandais, un chasseur de loups qui apporta rapidité et courage ;

Le pointer, pour son odorat exceptionnel et sa résistance physique aux intempéries, mais aussi son caractère docile avec l’homme et les animaux. Le point fort du pointer est qu’il flaire au vent, un avantage certain pour capturer le puma qui bondit d’arbre en arbre ;

Le boxer, apprécié pour son obéissance et son tempérament sociable, ainsi que son endurance et son agilité.

Grâce à une sélection pointue et des études de caractère d’une grande minutie, le médecin est parvenu à obtenir une race pure aux multiples qualités, dont la couleur blanche caractéristique lui permet d’être facilement repéré dans la pampa et de ne pas être confondu avec la faune peuplant la Sierra de Córdoba. C’est ainsi que le premier standard de cette nouvelle race fut fixé en 1928.

Le courage du doge argentin est tel qu’il n’hésite pas à mener de longs affrontements acharnés contre de féroces prédateurs, comme les cougars. D’ailleurs, c’est pour cette prédisposition à la lutte à mort qu’il servait au début uniquement en tant que chien de combat, un loisir très populaire au sein de toutes les classes de la société de l’époque. Mais Antonio Nores Martinez était un chasseur passionné et ne pouvait pas se passer de ses chiens, qui se révélaient être indispensables pour l’aider à attraper le gros gibier. Certain d’avoir mené une sélection sans faille, le docteur conduisit son meilleur mâle au club des chasseurs de Buenos Aires en 1947, où il fit une démonstration et un discours qui ont immédiatement conquis les chasseurs. Le standard a ensuite été publié dans une revue de chasse du nom de Diane.

Le dogo est rapidement devenu le compagnon inséparable des amateurs de chasse, qui ne peuvent qu’approuver le fait que le dogue argentin est non seulement fort et vaillant, mais possède aussi un odorat très fin. Sa musculature est si athlétique qu’il se montre parfaitement capable de marcher pendant des heures dans n’importe quelles conditions climatiques. Les bergers l’ont également adopté pour sa faculté à garder les troupeaux avec bienveillance et témérité. Au fil des ans, il est devenu un chien de compagnie d’une immense loyauté, prêt à tout pour défendre ses maîtres et sa propriété.

Le 21 mai 1964, le dogue argentin a été reconnu par la Fédération Centrale Canine d’Argentine et la Société Rurale Argentine, pour se voir ouvrir son propre livre des origines. La Fédération Cynologique Internationale a établi le standard officiel de la race le 31 juillet 1973, grâce à l’implication constante du docteur Augustin Nores Martinez. Ce dernier a entrepris maintes actions de soutien, notamment en fondant le Club des Eleveurs de Dogues Argentins. A cette période, le dogo commence à se faire connaître en Europe et arrive de façon très discrète en Allemagne. En 1975, l’Italie est à son tour séduite par ce chien exceptionnel, avant de captiver les Français à la fin des années 1970.

Le dogue argentin n’étant pas concerné par la loi sur les chiens dits dangereux, tous les types de public se laissent charmer par ce bel athlète au cœur tendre. Avec l’interdiction de couper les oreilles, son expression n’a fait que gagner en douceur, touchant davantage les familles.

Le caractère du Dogo

De tous les croisements entrepris par les frères Nores Martinez, le dogue argentin a reçu en héritage un remarquable équilibre psychologique combiné à une vive intelligence. Pouvant aussi bien se montrer très joueur comme d’un calme placide, pugnace comme soumis ou encore courageux comme timide, il réussit sans problème à faire craquer n’importe qui. Epatant tant physiquement que d’un point de vue mental, le dogo est sans conteste un adorable compagnon pour toute la famille, quel que soit le style de vie.

A la chasse, le dogue argentin est silencieux, rusé et bien aguerri. Il est en outre un excellent chien de garde et de protection, toujours sur le qui-vive. Lorsqu’il ressent un danger, il alerte instantanément son maître et met tout en œuvre pour le protéger. Soyez assuré que vous n’aurez aucune difficulté à entretenir des liens de complicité et de confiance avec votre compagnon à quatre pattes. Fidèle et attachant, ce chien dévoué pourrait donner sa vie pour vous sauver.

Il déborde d’affection et suit les enfants dans tous leurs jeux, avec beaucoup de douceur et de patience. Très avenant et aimable, le dogo cohabite naturellement avec ses congénères. Il différencie aisément la faune sauvage des autres animaux. La présence de ces derniers ne lui pose aucun problème, qu’il s’agisse des chats, des chevaux, des vaches, des rongeurs ou encore des oiseaux. Le dogue argentin se montre convivial avec les invités de la famille mais parvient à faire fuir un intrus d’un simple regard. D’ailleurs, il a parfaitement conscience de sa force. Pour autant, il ne se montre jamais agressif sans raison.

Les conditions de vie

Peu adepte de la solitude, le dogue argentin ne peut s’épanouir sans la présence humaine. Naturellement propre et non destructeur s’il reçoit tout l’amour qu’il mérite, il demeure un membre de la famille à part entière. Il s’accoutume très bien à tous les styles de vie et s’intègre harmonieusement dans son environnement. Il n’en faut pas plus que sa gentillesse et sa docilité pour que vous ne puissiez plus vous passer de lui.

Le dogo n’est pas fait pour vivre en appartement. Il peut toutefois s’habituer à la ville, si vous veillez à combler son besoin d’espace avec des sorties quotidiennes. Dans le cas où vous habitez dans une maison avec un jardin, évitez autant que possible de le laisser tout seul dehors en permanence. Il risquerait de s’ennuyer ferme et de se sentir bien triste… N’aboyant quasiment pas et insensible aux aléas de la météo, le dogue argentin pourra néanmoins rester à l’extérieur le temps que vous rentriez de votre journée de travail. Il se fera une joie de dissuader les passants sans agressivité, en attendant votre retour.

Il lui faut impérativement un maître disponible, qui multiplie les occasions de se défouler à sa guise. De l’exercice physique régulier est alors indispensable à son équilibre. Joyeux, énergique et immodérément endurant, ce molosse dynamique se tient prêt à vous accompagner en randonnée, canicross, vélo et promenade à cheval. L’agility est également un sport qu’il apprécie beaucoup. Il y trouve l’opportunité de se dépenser, tout en faisant travailler son cerveau. De retour dans son doux foyer, le dog argentin ne demandera qu’une chose : se blottir paisiblement tout contre son maître.

Ce chien polyvalent apparaît comme étant un merveilleux chien de famille, très actif, et par conséquent un compagnon idéal pour tous les amoureux des animaux. Câlin pour Madame, sportif pour Monsieur et protecteur pour Bébé, ce pot de colle trouvera grâce aux yeux de tous. Originellement chien courant, le dogue argentin n’a pas les aptitudes recherchées pour la chasse du gibier sur les territoires européens. Il est donc préférable de l’employer comme gardien et chien de compagnie. Ce surdoué cherche par tous les moyens à rendre service et se surpasse également en tant que chien de défense, de police, d’avalanche et guide d’aveugle. Autant d’activités et de professions qui en feront votre meilleur allié de tous les jours.

La santé du Dogue Argentin

Rustique et s’accommodant aux conditions rudes, le dogue argentin rencontre très peu de problèmes de santé. Il a effectivement bénéficier d’une sélection rigoureuse et la très grande diversité génétique l’a mis à l’abri de la consanguinité. De ce fait, sa longévité dépasse généralement les douze ans.

Comme tous les chiens de grande taille, le dogo est exposé à la dysplasie du coude et de la hanche. Le chiot doit donc éviter de se soumettre à une activité physique trop intense. La couleur blanche étant provoquée par un gène prédisposant à la surdité congénitale, il est important de se tourner vers un éleveur consciencieux qui procède systématiquement à un test de dépistage dès l’âge de trois semaines. Mais contrairement aux idées reçues, les cas restent rares.

Par ailleurs, vous ne laisserez pas votre adorable compagnon courir trop longtemps en plein soleil. Le coup de chaleur est vite arrivé ! Le dogo est peu exigeant en termes de besoins. Seul un apport alimentaire suffisant est fondamental en période de croissance. L’alimentation du chiot est donc à surveiller de près, afin de le préserver des éventuels problèmes de développement. Les croquettes proposent des spécialités appropriées au poids, à la taille et à l’âge de votre tendre compagnon, mais aussi à son niveau d’activité physique et son état de santé.

Le dressage

Le chiot est particulièrement réservé et sensible. Lorsqu’il arrive dans sa nouvelle famille, il a besoin qu’on le mette en confiance. Pour cela, vous devrez passer un maximum de temps en sa compagnie et procéderez à une éducation cohérente et constante, remplie de douceur. Comme tous les molosses, le dogo est assez têtu. Son maître doit savoir imposer le respect et proscrire les rapports de force. Ne le saturez pas avec des exercices trop longs et ne restez jamais sur un échec. Une fois qu’il se sentira en sécurité avec vous, vous deviendrez de plus en plus complice ce qui est bien là, la plus belle des récompenses. Il faudra poursuivre le travail d’apprentissage que l’éleveur a commencé avec rigueur, en suivant des cours en club canin. Pour les maîtres néophytes ou peu sûrs d’eaux, il s’agit d’une excellente contribution qui vous évitera bien des erreurs. Prenez le temps de vous adonner à des exercices quotidiens chez vous. Vous verrez que votre fidèle compagnon en réclamera davantage, simplement pour que l’on s’occupe de lui.

Ses ancêtres étant des chiens de combat, il est primordial de se concentrer sur la socialisation du dogue argentin. Sinon, il peut être distant avec les étrangers ou encore se montrer dominant avec les autres sujets du même sexe. Cependant, le dogo ne s’en soucie guère au travail et effectue ses tâches avec une profonde concentration. Dressé avec fermeté et amour, le dogo demeure mesuré et très bon avec les gens, sans jamais représenter un quelconque danger pour les enfants. Ne vous fiez donc pas à sa stature impressionnante, car il se plie sans peine aux règles imposées. Bien menée, son éducation se déroulera alors sans encombre et ne fera que renforcer l’amour naissant entre vous et votre nouveau camarade à fourrure.

Quelques conseils

Le maître idéal du dogue argentin sera une personne responsable, calme et équilibrée, qui a du temps à lui consacrer et déjà initiée à l’éducation canine. En raison de sa corpulence et de la puissance de sa morsure, le dogo peut se transformer en une arme redoutable s’il est placé entre les mains de propriétaires irresponsables. Ne cherchez en aucun cas à stimuler l’agressivité de ce défenseur spontané, mais plutôt à réfréner son enthousiasme. Sachez d’ailleurs que la loi du 6 janvier 1999 interdit le dressage au mordant.

Orientez-vous vers un sujet rattaché au Livre des Origines Français. Vous aurez ainsi la garantie qu’il n’est pas assimilé à un chien de catégorie 1. Si vous possédez déjà un chien, réfléchissez également au sexe. Le mieux sera d’opter pour un mâle si vous avez une femelle, ou inversement.

Concernant l’entretien, le pelage du dogue argentin n’est pas contraignant. Un brossage hebdomadaire est suffisant et devra simplement être plus fréquent en période de mue. Éventuellement, vous pouvez lui accorder un bain une fois ou deux par an. En prévoir davantage sera totalement inutile, dans le sens où le poil du dogo est autonettoyant. Il retrouve rapidement sa blancheur après une promenade salissante !

Crédits photos : Fotolia et Flickr – Ormando SLR

 

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